Poursuivre la réflexion

Un thème riche que celui de l’informatique et du monde numérique ! Pour aller plus avant et mieux comprendre le monde qui se dessine sous nos yeux, nous avons sélectionné pour vous quelques vidéos, podcasts et lectures…

A voir

Leçon inaugurale de Claire Mathieu au Collège de France

 

Algorithmes : à la recherche de l’universalité perdue – Leçon inaugurale de Rachid Guerraoui au Collège de France 

 

A écouter

Podcast / Les idées claires

A-t-on bradé nos données personnelles aux géants d’internet ? La question est au programme de notre rendez-vous hebdomadaire, Les Idées claires, proposé par France Culture et France Info et destiné à lutter contre les désordres de l’information.

Podcast / L’énigmatique Alan Turing

D’Alan Mathison Turing (1912-1954), le grand public n’a longtemps rien su. En quelques années, Turing est devenu la figure rêvée du génie scientifique maltraité par les conventions morales d’une époque.

Podcast / L’utopie numérique : de la révolte hippie au capitalisme high-tech de la Silicon Valley

Dans son livre, L’évangélisme technologique, Rémi Durand nous plonge dans la culture hippie au coeur de la Silicon Valley des années 1970, point de départ de l’utopie numérique : une société ouverte où les individus seraient liés entre eux par les technologies numériques.

Mais comment est-on passé de la révolte hippie au capitalisme high-tech de la Silicon Valley ? Réponse dans le nouveau livre de Rémi Durand : L’évangélisme technologique

Homo sapiens devient-il homo informaticus ?

L’ère numérique dans laquelle nous entrons, l’informatisation du monde, l’arrivée du big data, l’intrusion galopante des algorithmes dans la vie de tous les jours…  De cela, tout le monde parle, et pour cause : couplées à l’intelligence artificielle, tous ces bouleversements ont d’ores et déjà un impact majeur sur les technologies, le travail, les emplois, l’économie, la médecine, les relations interpersonnelles, l’apprentissage, la façon de concevoir notre corps, la vie, la mort. On pressent que ça va barder dans nos existences. Mais que va-t-il se passer au juste ? Allons-nous pouvoir nous adapter indéfiniment à ce que nous nous ajoutons ? Qu’allons-nous  perdre ? Qu’allons-nous gagner ? Et qui sera l’arbitre de ces métamorphoses ?

 

lire

Informatique céleste, Mark Alizart, PUF 2017

Quand IBM a cherché à introduire le mot « computer » en France, dans les années 1950, le philologue Jacques Perret a eu l’idée de remettre au goût du jour un vieux mot latin, « ordinateur », qui désignait au Moyen Âge une qualité que les Pères de l’Église attribuent à Dieu – Deus Ordinator – signifiant « Dieu ordonnateur ». Ce faisant, il a aussi bien cerné la compétence technique de ces nouvelles machines que leur vocation messianique. L’ordinateur ne peut pas être réduit à un simple outil. L’informatique irrigue la vie à laquelle elle fournit un programme. Elle donne forme à la matière, à son niveau le plus élémentaire. Elle sculpte nos pensées et notre conscience. Aussi bien emporte-t-elle une nouvelle ontologie, une nouvelle politique et même une nouvelle spiritualité. En elle s’accomplit la promesse d’une réconciliation entre les mots et les choses, les vivants et les morts, les humains et les non-humains. Martin Heidegger affirmait à la fin de sa vie que seul un dieu pouvait désormais nous sauver. Mais c’est l’informatique qui sauvera le monde.

Vivre, aimer, voter en ligne et autres chroniques numériques, Gilles Dowek, Le Pommier, 2018

Quoi de mieux, pour appréhender l’ère numérique, dans laquelle nous sommes entrés de plain pied, que des chroniques qui, l’une après l’autre, nous racontent cette nouvelle façon de vivre, si différente de celle des humains qui vécurent au XXe siècle ? Nouvelles manières de vivre ensemble, d’apprendre, de travailler, de concevoir notre corps, la mort, la vie… touche après touche, l’ouvrage nous aide à apprécier à quel point, aujourd’hui, nous nous métamorphosons en Homo sapiens informaticus. Et à nous préparer à participer aux bouleversements à venir.

Bienvenue dans le monde des trolls, des pétitions en ligne, des objets connectés, des ordinateurs qui n’arrivent pas à oublier et des nouveaux aventuriers du Web – nous.

Chercheur chez Inria, l’Institut national de recherche en informatique et en automatique,  et enseignant à l’École normale supérieure de Paris-Saclay, Gilles Dowek est membre du conseil scientifique de la Société Informatique de France (SIF) et de la Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique de l’alliance des sciences et technologiques du numérique (CERNA). Il a à cœur d’expliquer l’informatique et de faire comprendre les questions de société qui se posent au temps du numérique. Auteur au Pommier, du récent Temps des algorithmes (avec Serge Abiteboul), il est également le rédacteur d’une chronique mensuelle dans Pour la science, « Homo sapiens informaticus », que cet ouvrage reprend dans son intégralité.

Le temps des algorithmes, Gilles Dowek et Serge Abiteboul, Le Pommier, 2017

Ils transforment les sciences, l’industrie, la société… Ils bouleversent les notions de travail, de propriété, de gouvernement, de vie privée… et d’humanité. Qui, aujourd’hui, n’a pas entendu parler des algorithmes ? Avec eux, nous passons facilement d’un extrême à l’autre : nous nous réjouissons qu’ils nous facilitent la vie, mais redoutons qu’ils nous asservissent… Pour en finir avec cette vision manichéenne, cet ouvrage propose un nouveau regard sur notre époque, sur le temps des algorithmes. Les algorithmes sont probablement les outils les plus sophistiqués que les hommes aient eu à leur disposition depuis les commencements de l’histoire de l’humanité. Créations de l’esprit humain, ils sont ce que nous avons voulu qu’ils soient. Et ils seront ce que nous voulons qu’ils soient : à nous de choisir le monde que nous voulons construire.

@ la recherche du temps Individus hyperconnectés, société accélérée : tensions et transformations, Nicole AUBERT, Editions Erès 2018

Toute l’histoire de notre rapport au temps est marquée par une progressive accélération du rythme de la vie. L’avènement des nouvelles technologies de la communication (mails, téléphones mobiles, Internet) et le triomphe du capitalisme financier, fondé sur une exigence de rentabilité à très court terme, ont entraîné trois façons nouvelles de vivre le temps : l’instantanéité, l’immédiateté et enfin l’urgence.

La nouveauté est là, dans le fait que l’urgence, autrefois cantonnée au domaine médical ou, parfois, au domaine juridique, a envahi le domaine économique et, par voie de conséquence, le registre de la vie professionnelle et celui de la vie personnelle.

Ce sont les fondements et les incidences de ce nouveau rapport au temps que les auteurs se proposent d’approfondir au niveau des individus, des groupes, des institutions et des entreprises, et dans différents domaines : la finance, la politique, l’économie, l’utilisation des technologies, les apprentissages…

Internet, une société contre l’État ? Libéralisme informationnel et économies politiques de l’auto-organisation en régime numérique de Benjamin Loveluck

L’informatique en réseau a souvent été présentée comme un instrument favorisant l’auto-organisation de la société civile, à partir de modes alternatifs de distribution du pouvoir et de coordination des activités. L’histoire d’internet, abordée du point de vue de l’histoire des idées, montre que de telles propriétés ont donné lieu à la formation d’une véritable philosophie politique que nous avons appelée le libéralisme informationnel. Celle-ci a vu différents modèles d’économie politique s’affronter ; nous en présentons ici le mouvement général ainsi que les divergences internes. Nous terminons par un exposé de trois grandes formes de gouvernementalité qui en sont issues et qui ouvrent à une critique de l’économie politique en régime numérique : la captation, la dissémination et l’auto-institution.

La Pensée libertarienne, de Sébastien Carré, PUF

Défendre sans relâche la légalisation de toutes les drogues, le droit à l’avortement, la liberté d’expression la plus totale, manifester férocement une opposition inconditionnelle à toute guerre (du Vietnam à la dernière intervention en Irak), tout en prônant avec insistance une déréglementation du marché et un désengagement de l’État en matière économique : voilà des positions qu’il serait difficile de tenir ensemble sans être suspecté de schizophrénie politique de ce côté de l’Atlantique. Telle est pourtant, de l’autre côté, la posture campée par ceux que l’on appelle aux États-Unis les « libertariens », qui entendent associer à la défense des libertés économiques celle des libertés individuelles.
Fédérant autour d’un antiétatisme farouche des traditions individualistes disparates telles que l’anarchisme (de L. Spooner à B. Tucker), le libéralisme classique (de Th. Jefferson à W.G. Sumner) et l’isolationisme (de H.L. Mencken à F. Chodorov), le libertarianisme se présente comme une utopie capitaliste projetant la logique du marché sur toutes les sphères de la vie sociale. Après avoir restitué la genèse de cette pensée constituée au début des années 1970 à la suite d’une alliance fugitive entre des néolibéraux anti-conservateurs et la gauche radicale, ce livre se propose d’en repérer les fondements épistémologiques et moraux à travers l’étude privilégiée des œuvres de D. Friedman, F. Hayek, R. Nozick, A. Rand et M. Rothbard. Il en explore enfin les horizons d’attente en parcourant le chemin  menant de l’anarchie — que les libertariens les plus radicaux souhaitent faire advenir — au Léviathan, qu’ils condamnent tous en chœur.

Les Maîtres du réseau – Les enjeux politiques d’Internet de Pierre-Éric Mounier-Kuhn

Qui dirige Internet ? La question, accessoire il y a encore quelques années, prend aujourd’hui une dimension nouvelle. Au départ réseau de communication à usage militaire, puis utilisé par les scientifiques, Internet s’est depuis largement ouvert au grand public, suscitant des conflits d’intérêt croissants entre des acteurs toujours plus puissants. Dans ce livre original et documenté, Pierre Mounier montre que la jeune histoire du cyberespace ressemble à celle de la fondation d’une nouvelle nation : après le temps du partage, des pères fondateurs, vient celui de l’argent, des puissants et de la législation. L’égalité au sein d’une petite élite d’accord sur l’essentiel laisse progressivement la place à une foire d’empoigne : pionniers, marchands et « netizens » (citoyens) investissent l’arène où ils combattent avec leurs propres armes. En moins de dix ans, le cyberespace est devenu moderne : il est entré dans l’ère du pouvoir. Mais ce pouvoir n’est jamais absolu : diffus et insaisissable, il circule dans divers organismes techniques ? ICANN, IETF, W3C ? inconnus du grand public. Il faut le débusquer derrière des choix technologiques, des rapprochements anodins, des déclarations obscures qui convergent vers un même objectif : la domination d’un réseau conçu, à l’origine, pour être incontrôlable. Qui dirige Internet ? La réponse, affirme Pierre Mounier, n’est pas seulement institutionnelle, technique ou économique, elle est tout cela à la fois. Elle est, fondamentalement, politique.

L’évangélisme technologique. De la révolte hippie au capitalisme high-tech de la Silicon Valley

Comment des hippies et des hackers sont-ils parvenus à créer des empires et un capitalisme high-tech ?

De Steve Jobs à Elon Musk, en passant par Bill Gates, Larry Page et Sergueï Brin, les évangélistes de la technologie ont su convaincre que leurs produits ou leurs services peuvent rendre « le monde meilleur », et créer autour de leurs marques et leurs multinationales une vénération quasi religieuse.

Aujourd’hui, cet évangélisme est devenu quasiment incontournable pour les start-up qui s’appuient sur un modèle visant à rassembler une masse critique d’adeptes dans le but de consacrer leur technologie comme standard. Mais sous couvert de faire preuve de pédagogie et d’éduquer le marché et la société aux principes de la collaboration pour la production des savoirs et à l’ère de la contribution, ce nouveau mode de recrutement de « convertis » cherche aussi à propager les idéaux du capitalisme high-tech et renforcer les monopoles.

C’est ce que relate cet ouvrage.

Rémi Durand nous plonge d’abord au cœur de la Silicon Valley des années 1970 et explique comment grâce à la culture hippie une organisation sociale s’est structurée autour des technologies de l’informatique et de la communication, en mêlant extases mystiques, psychédélisme et puces électroniques. Puis, progressivement, les technologies du numérique se sont érigées en porte-étendard d’une société ouverte, prônant la suppression progressive des hiérarchies, la collaboration pour la production des savoirs et des techniques, et la contribution, tout en mettant en avant la créativité de chacun, la passion et le lien communautaire entre les individus.

Mais l’auteur révèle que cette utopie numérique a rapidement opéré un glissement vers l’entrepreneuriat et la nouvelle économie, et a engendré des organisations centralisées et monopolistiques qui concentrent, à l’échelle planétaire, toutes les ressources économiques et intellectuelles. Le pouvoir politique est désormais entre les mains de quelques empires fondés par d’anciens hippies et hackers reconvertis en ogres insatiables d’un capitalisme high-tech triomphant.

À la fois analyse culturelle, saga économique et étude historique des nouvelles technologies, ce livre permet également de comprendre les méthodes de marketing, de management et les dynamiques des univers d’Apple et de Google.

Sociologue des sciences et des techniques, Rémi Durand est spécialiste des implications culturelles, politiques, économiques et sociales des nouvelles technologies, notamment celles issues de la Silicon Valley. Il est également ingénieur, expert des technologies numériques.

Sociologie du numérique, Dominique Boullier, Armand Colin

2016. Le numérique au sens large (informatique, réseaux, médias, Internet) a envahi l’ensemble des activités humaines, des plus personnelles aux plus collectives, et profondément modifié notre rapport aux autres, à l’espace, au temps. Porteur d’innovations permanentes, il fascine et effraie tout autant, et fait l’objet de multiples débats, analyses, controverses.
Pour saisir ce qu’est vraiment la « révolution » numérique et ses principaux enjeux, cet ouvrage didactique vient fournir aux étudiants et aux chercheurs des cadrages théoriques, des concepts clés ainsi qu’une synthèse critique des travaux réalisés sur le sujet. Après avoir dressé une histoire du numérique, il en analyse les usages, les dimensions économiques, cognitives, organisationnelles et socio-politiques. Il interroge enfin le rôle des sciences sociales et leur responsabilité pour faire exister des « social data sciences » dans le cadre du nouveau domaine des « humanités numériques ».
Éclairée par un point de vue fort et engagé, cette sociologie inédite du numérique constitue un outil indispensable pour comprendre l’un des phénomènes majeurs du XXIe siècle.

A quoi rêvent les algorithmes, Dominique Cardon

Google, Facebook, Amazon, mais aussi les banques et les assureurs : la constitution d’énormes bases de données (les « big data») confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes. L’ambition de ce livre est de montrer comment ces nouvelles techniques de calcul bouleversent notre société. À travers le classement de l’information, la personnalisation publicitaire, la recommandation de produits, le ciblage des comportements ou l’orientation des déplacements, les méga-calculateurs sont en train de s’immiscer, de plus en plus intimement, dans la vie des individus. Or, loin d’être de simples outils techniques, les algorithmes véhiculent un projet politique. Comprendre leur logique, les valeurs et le type de société qu’ils promeuvent, c’est donner aux internautes les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.

Qu’est-ce que le digital labor ?, Dominique Cardon, Antonio A. Casilli

Cet ouvrage est le résultat d’un dialogue engagé en juin 2014, lors d’une séance des ateliers de recherche méthodologique organisés par l’Ina, entre Dominique Cardon et Antonio Casilli sur le thème du digital labor. Au travers d’échanges nourris, antagonistes parfois, ils ont abordé avec une hauteur de vue exemplaire les questions liées aux enjeux de la production de valeur sur Internet et à la qualification des usages numériques ordinaires comme travail.

Ces ateliers, animés depuis 2009 par Louise Merzeau, Maître de conférences HDR en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, ont vocation à accompagner les usages de recherche sur et à partir du web archivé. Ils sont l’occasion de débats sur les grands enjeux de la transition numérique.

L’aberration du solutionnisme technologique, Evgeny Morozov.

Pour tout résoudre cliquez ici ! dénonce le discours employé par les entreprises et les chantres de la Silicon Valley qui veulent nous faire croire que grâce à l’Internet et aux nouvelles technologies tous les aspects de notre vie seront améliorés et la plupart des problèmes du monde disparaîtront.
Evgeny morozv démontre qu’il n’y a pas une « application » comme réponse simple et immédiate à tous les enjeux sociétaux ni même à nos problèmes individuels. Il met en lumière deux concepts-clés, le solutionnisme et « l’Internet-centrisme », qui permettent de comprendre les schémas de pensée à l’œuvre derrière la révolution numérique.

Cet ouvrage porte un regard neuf et salutaire sur le numérique et sur nos usages. Il nous met en garde contre la croyance en un miracle technique et en un un monde à l’efficacité sans faille où chacun serait contraint de revêtir la camisole de force numérique de la Silicon Valley.

L’âge de la multitude, Nicolas Colin et Henri Verdier

Et si nous étions devenus, sans le savoir, les principaux acteurs de l’économie numérique ? Si nos vies, nos inter-actions, nos créations étaient la source déterminante de la valeur et de la croissance ?
Un monde nouveau, né de la révolution numérique, consacre le règne de milliards d’individus désormais instruits, équipés et connectés. Ensemble, ils forment une puissante multitude qui bouleverse l’ancien ordre économique et social. Loin d’être l’affaire des seules entreprises technologiques, l’économie numérique est au contraire dominée par ceux — entreprises, administrations, associations — qui ont su s’allier à cette multitude. Après la révolution numérique, l’enjeu stratégique est de susciter, de recueillir et de valoriser la créativité des individus.
Tel est le sens de cet essai, souvent radical et décapant, qui invite entrepreneurs et politiques à comprendre et à utiliser la valeur considérable créée par chacun d’entre nous.

La nouvelle société du coût marginal zéro. L’internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme, Jeremy Rifkin

Les règles du grand jeu de l’économie mondiale sont en train de changer. Le capitalisme se meurt et un nouveau paradigme qui va tout bousculer est en train de s’installer : les communaux collaboratifs.

C’est une nouvelle économie collaborative qui se développe où la valeur d’usage prime sur la propriété – déjà très implantés avec l’auto-partage, le crowfunding, les A.M.A.P., le couchsurfing, les producteurs contributifs, d’énergie verte ou même d’objets avec les imprimantes 3D – offrent un espace où des milliards de personnes s’engagent dans les aspects profondément sociaux de la vie. Un espace fait de millions (au sens littéral du terme) d’organisations autogérées qui créent le capital social de la société. Ce qui les rend plus pertinents aujourd’hui qu’à tout autre époque, c’est que le développement de l’internet des objets optimise comme jamais les valeurs et les principes qui animent cette forme d’autogestion institutionnalisée.
Sans même que nous en ayons conscience, l’internet des objets et déjà omniprésent dans notre quotidien. Il se matérialise par ces milliards de capteurs disposés sur les ressources naturelles, les chaînes de production, implantés dans les maisons, les bureaux et même les êtres humains, alimentant en Big Data un réseau mondial intégré, sorte de système nerveux planétaire.
En parallèle, le capitalisme, miné par sa logique interne de productivité extrême, rend le coût marginal – qui est le coût de production d’une unité supplémentaire d’un bien ou d’un service – quasi nul. Si produire chacune de ces unités supplémentaires ne coûte rien, le produit devient donc quasiment gratuit et le profit, la sève qui fait vivre le capitalisme, se tarit. Avec l’émergence d’une vaste classe de « prossomateurs » – consommateurs devenus des producteurs contributifs – c’est pour Jeremy Rifkin, les premiers signes que l’ère capitaliste d’abondance dans laquelle nous vivons arrive à sa fin…

Certes, rien n’est joué. Le capitalisme tente d’étouffer les communaux en multipliant les nouvelles barrières – en brevetant tout, du vivant à la manipulation des atomes. Le changement climatique menace. Ce livre est aussi un appel à l’action individuelle et collective.

Jeremy Rifkin montre ici la force et la cohérence de sa pensée et dessine ce nouveau paradigme collaboratif qui mènera à une société intelligente et durable …