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La « démocratie liquide » désigne une forme de contrôle démocratique dans lequel les citoyens sont invités à participer au fonctionnement démocratique de manière directe, notamment grâce aux outils numériques. Vrai renouveau pour la démocratie ou gadget ? Décryptage.

La démocratie est en crise : diagnostics et analyses permettent d’en redéfinir la nature et les enjeux.

Alors que s’ouvre à peine l’ère du débat politique en ligne, en direct, et sans filtre journalistique, comment nos démocraties traversées par des tensions populistes croissantes pourront-elles continuer à fonctionner si chacun cherche à exploiter la crédulité des foules citoyennes numériques ?

Comment clarifier le concept de démocratie à l’ère des scepticismes triomphants ? Demande la philosophe Claudine Tiercelin. Quelles ont été les remises en cause de la position classique sur la démocratie?

« Le règne de l’opinion publique bourgeoise chère à Jürgen Habermas s’est achevé il y a longtemps. Nous voici peut-être en train d’entrer dans une nouvelle ère, celle de l’opinion publique connectée. La sphère publique bourgeoise que décrit le philosophe est régie par le principe de publicité, par opposition au secret du pouvoir. L’opinion publique connectée, de fait, est à la fois un prolongement gigantesque et une transformation de la sphère publique bourgeoise. Si celle-ci se caractérisait par des « personnes privées faisant un usage public de leur raison », nous voici dans un espace public formé autour de personnes privées faisant un usage public de tout. L’espace public s’est immensément agrandi : ce ne sont plus seulement les commentaires sur ce qui est commun qui forment l’espace public, mais bien des bouts de vie de tous, sans, quasiment, d’exception. » N. Vanbremeersch, *De la démocratie numérique* .

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/reinventer-la-democratie-35-internet-et-la

A lire

Propaganda, Edward Bernays, Zones

« LE manuel classique de l’industrie des relations publiques » selon Noam Chomsky. Véritable petit guide pratique écrit en 1928 par le neveu américain de Sigmund Freud, ce livre expose cyniquement et sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement ».
Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des « démocraties de marché », ces questions se confondent.
Bernays assume pleinement ce constat : les choix des masses étant déterminants, ceux qui parviendront à les influencer détiendront réellement le pouvoir. La démocratie moderne implique une nouvelle forme de gouvernement, invisible : la propagande. Loin d’en faire la critique, l’auteur se propose d’en perfectionner et d’en systématiser les techniques, à partir des acquis de la psychanalyse.
Un document édifiant où l’on apprend que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au coeur même de la démocratie libérale américaine.

Jacques Ellul, [1967], Histoire de la propagande, PUF, 1976

Nick Newman et al., « Reuters Institute Digital News Report 2017 »

Jayson Harsin, « Un guide critique des Fake News : de la comédie à la tragédie », Pouvoirs, 164, Janvier 2018.

« Cet article est un guide critique (et non seulement descriptif) des fake news. Il retrace l’historique du terme, tout d’abord dans les émissions satiriques américaines, puis sa transformation en un des éléments de la « post-vérité ». Les fakes news sont fabriquées (sans le moindre humour) comme des armes stratégiques de tromperie (y compris dans le domaine géopolitique). Le phénomène des fake news a des implications extrêmement dangereuses pour la démocratie contemporaine. »

Patrick Troude-Chastenet, “Communication et société technicienne” in La Propagande, Cahiers Jacques-Ellul, n°4, L’Esprit du temps, 2006, p. 129–145.

Au tout début des années 1950, Jacques Ellul s’est demandé si la démocratie pouvait faire bon ménage avec cette technique de formation de l’opinion. Il reconnaissait volontiers que l’information est la clef de la démocratie mais en même temps il rappelait que ce régime est historiquement lié à la propagande puisque, fondé sur la concurrence électorale, il suppose l’affrontement de propagandes rivales. Les régimes démocratiques prétendent s’appuyer sur la seule vérité mais au regard de l’Histoire, le vrai est le point de vue du plus fort, c’est-à-dire du plus efficace.
Parmi les multiples travaux publiés sur la propagande, les thèses d’Ellul font date. Contrairement à l’opinion dominante, Ellul a montré que la propagande était un phénomène ancien mais qui avait pris une nouvelle dimension dans la société technicienne et qu’elle n’était pas l’apanage des seules dictatures mais une nécessité pour tous les régimes. Jacques Ellul a également montré qu’il existait une complicité entre le propagandiste et le propagandé, que la propagande ne se limitait pas à la guerre psychologique mais englobait les relations publiques, la publicité et la communication, que l’information n’était pas nécessairement la clef de la démocratie mais que la distinction traditionnelle entre information et propagande était délicate à manier. Ces analyses d’Ellul n’ont jamais été aussi actuelles.

Twittus Politicus. Décryptage d’un média explosif Broché – 3 janvier 2013 de Antoine Dubuquoy  (Auteur), Nico Prat  (Auteur)

« On l’a vu lors de l’affaire DSK, lors du printmeps arabe, à l’occasion de la présidentielle ou lors de la lutte Fillon-Copé pour la tête de l’UMP : le tweet grille désormais la politesse aux médias traditionnels, réduits à relayer les informations dispensées sur les réseaux sociaux. Au cours de l’année écoulée, indubitablement Twitter est devenu un outil de la vie politique.
Mais qu’est-ce que Twitter ? Comment ça marche ? Quels en sont les codes ? Si vous n’y connaissez rien, rassurez-vous, ce livre va tout vous expliquer. Vous découvrirez son fonctionnement, ses grands moments, ses ténors et ses seconds couteaux, les tweets les plus mémorables ou les plus scandaleurs. Par son instantanéité et du fait que ce sont souvent des acteurs de la vie politique (Eric Besson, Nadine Morano, Valérie Trierweiler…) qui twittent, ce nouveau média devance les télévisions et agences de presse, qui sont désormais, pour le meilleur ou pour le pire, obligées de courir derrière l’info. Mais c’est aussi un espace politique différent, où les humour prend sa place et où la langue de bois n’est pas de mise. Ainsi le soir du premier tour de la présidentielle, où des messages codés ont fleuri sur la timeline Twitter, donnant le résultat avant le 20 h fatidique, sous forme de tweets codés #radio-londres, en hommage à la célèbre radio de la Résistance française, du genre : « Les talonnettes sont dans les cartons, je répète, les talonnettes sont dans les cartons. »
Et puis il y a bien sûr ce tweet devenu historique : « Courage à Olivier Falorni qui n’a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d’années dans un engagement désintéressé », signé Valérie Trierweiler, avec les répercussions que l’on sait. »
Entre humour, dérapages et manipulations, ce livre interroge l’avenir, à l’heure de la communication instantanée. »

L’opinion et la foule, Gabriel Tarde, 1901

« Les diverses études qu’on va lire sont des fragments de psychologie collective ainsi entendue. Un lien étroit les unit. Il a paru nécessaire de rééditer ici, pour la mettre à sa vraie place, l’étude sur les foules, qui figure en appendice à la fin du volume 1. Le public, en effet, objet spécial de l’étude principale, est une foule dispersée, où l’influence des esprits les uns sur les autres est devenue une action à distance, à des distances de plus en plus grandes. Enfin, l’Opinion, résultante de toutes ces actions à distance ou au contact, est aux foules et aux publics ce que la pensée est au corps, en quelque sorte. Et si, parmi ces actions d’où elle résulte, on cherche quelle est la plus générale et la plus constante, on s’aperçoit sans peine que c’est ce rapport social élémentaire, la conversation, tout à fait négligé par les sociologues.
Une histoire complète de la conversation chez tous les peuples et à tous les âges serait un document de science sociale du plus haut intérêt; et il n’est pas douteux que si, malgré les difficultés d’un tel sujet, la collaboration de nombreux chercheurs venait à bout de les surmonter, il se dégagerait du rapprochement des faits recueillis à cet égard dans les races les plus distinctes, un nombre considérable d’idées générales propres à faire de la conversation comparée une véritable science, à mettre non loin de la religion comparée ou de l’art comparé – ou même de l’industrie comparée, autrement dit de l’Économie politique.
Mais, bien entendu, je n’ai pu prétendre, en quelques pages, tracer le dessin d’une science pareille. A défaut d’informations suffisantes pour l’esquisser même, je n’ai pu qu’indiquer son futur emplacement, et je serais heureux si, étant parvenu à donner le regret de son absence, je suggérais à quelque jeune travailleur le désir de combler cette grande lacune. »
Mai 1901.
G. TARDE.

L’espace public. Archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, Jürgen Habermas

« « Le principe de Publicité » est le principe de contrôle que le public bourgeois a opposé au pouvoir pour mettre un terme à la pratique du secret propre à l’Etat absolu. Créateur d’une véritable sphère publique, ce principe circonscrit, à partir du XVIlIe siècle, un nouvel espace politique où tente de s’effectuer une médiation entre la société et l’État, sous la forme d’une «opinion publique» qui vise à transformer la nature de la domination. En 1990, J. Habermas propose une triple révision : remise en question du concept de totalité, appréciation modifiée de la capacité critique du public, nouvelle interrogation quant à la possibilité d’un espace public. Une conception discursive de la démocratie le conduit à envisager un dédoublement de l’espace public tel que le pouvoir communicationnel puisse influencer le pouvoir administratif et s’opposer à la manipulation par les médias. »

La Fabrique de l’opinion. Une histoire sociale des sondages, Loïc Blondiaux, 1998

« La question de l’opinion publique – de sa puissance, de sa mesure et de son contrôle – hante le gouvernement des sociétés occidentales depuis la fin du XVIIIe siècle. Intellectuellement, elle mène au cœur des contradictions de la pensée démocratique. Tout à la fois vénérée et redoutée, écoutée et dénigrée, elle s’est imposée très tôt aux élites politiques et savantes comme une énigme à résoudre autant que comme un risque à domestiquer. Cette « force impalpable comme le vent » qu’évoquait encore à la fin du siècle dernier un publiciste anglais se matérialise aujourd’hui à nos yeux sous la forme presque exclusive du sondage.
Une telle révolution dans nos manières de penser le nombre, en statistique et en politique, n’a paradoxalement jamais fait l’objet d’une véritable histoire. A l’heure où chaque élection importante semble devoir tourner au procès des sondages, ce livre voudrait revenir sur les origines de ce phénomène et comprendre comment cette improbable statistique de l’opinion a fini par s’imposer comme une composante majeure de notre univers démocratique. En exhumant les débats passionnés qui ont jalonné la naissance des enquêtes d’opinion, en revenant sur les pas de ses pères fondateurs, en reconstituant avec précision le récit de l’avènement de cet instrument, en s’interrogeant sur la spécificité du rapport que la France entretient avec les sondages, l’auteur veut inviter à réfléchir aux implications politiques de cette invitation. »

Crystallizing Public Opinion, Edward Bernays

« 1923. Bernays, regarded by many as the father of public relations, has tried to set down in this book the broad principles that govern the new profession of public relations counsel. Contents: Part I-Scope and Functions: The Scope of the Public Relations Counsel; The Public Relations Counsel; the Increased and Increasing Importance of the Profession; and The Function of a Special Pleader. Part II-The Group and the Herd: What Constitutes Public Opinion?; Is Public Opinion Stubborn or Malleable; The Interaction of Public Opinion with the Forces that Help Make It; The Power of Interacting Forces that Go to Make Up Public Opinion; An Understanding of the Fundamentals of Public Motivation is Necessary to the Work of the Public Relations Counsel; The Group and Herd are the Basic Mechanisms of Public Change; and The Application of These Principles. Part III-Technique and Method: The Public Can Be Reached Only Through Established Mediums of Communication; The Interlapping Group Formations of Society, the Continuous Shifting of Groups, Changing Conditions and the Flexibility of Human Nature are all Aids to the Counsel on Public Relations; and An Outline of Methods Practicable in Modifying the Point of View of a Group. Part IV-Ethical Relations: A Consideration of the Press and Other Mediums of Communication in Their Relation to the Public Relations Counsel; and His Obligations to the Public as a Special Pleader. »

Propaganda technique in the World War, Harold Lasswell

« Among the libraries which I have used, special acknowledgement is due to the Musle et Bibliothèque de la guerre (Paris). Among the popagangists and journalists with whom I have consulted and debated, it would be invidious to distinguish. Within the academic ranks, I owe a personal and professional debt of formiadable proportions to Charles E. Merriam, Chairman of the Department of Political Science of the University of Chicage, who has not only encouraged this, as indeed every effort to depart from the beaten path of formalism, but has placed his special experience as a member of the staff of the Committee of Public Information in Italy during the War at my disposal. Quincy Wright, Professor of Political Science in the same institution, has rescued me from several mistakes. Imperfections of conception and execution are my own doing » H. D. L.

L’Homme unidimensionnel, Herbert Marcuse, 1964

« Il est d’une importance qui dépasse de loin les effets immédiats que l’opposition de la jeunesse contre la  société d’abondance  lie rébellion instinctuelle et rébellion politique. La lutte contre le système, qui n’est portée par aucun mouvement de masse, qui n’est impulsée par aucune organisation effective, qui n’est guidée par aucune théorie positive, gagne dans cette liaison une dimension profonde qui compensera peut-être un jour le caractère diffus et la faiblesse numérique de cette opposition. »

Public opinion, Walter Lippmann, 1922

« This book provides an analysis of public opinon. It does not consider public opinion an expression of the people, or any such nonsense. Its goal, rather, is to explain hox public opinion is « manufactued ». Mr Lippmann distinguishes between true facts, the human picture or impression of a selection of the facts and the resulting human action based on the picture. »

Instincts of the Herd in Peace and War, Wilfred Trotter

« Instincts of the Herd in Peace and War: By W. Trotter is presented here in a high quality paperback edition. This publication is a professional scan from an original edition of the book, and of the best possible quality. This popular classic work by Wilfred Trotter is in the English language. If you enjoy the works of Wilfred Trotter then we highly recommend this publication for your reading enjoyment. »

Psychologie des foules, Gustave Le Bon, PUF

« Les civilisations ont été créées et guidées jusqu’ici par une petite aristocratie intellectuelle, jamais par les foules. Ces dernières n’ont de puissance que pour détruire. Leur domination représente toujours une phase de désordre. Une civilisation implique des règles fixes, une discipline, le passage de l’instinctif au rationnel, la prévoyance de l’avenir, un degré élevé de culture, conditions totalement inaccessibles aux foules, abandonnées à elles-mêmes. Par leur puissance uniquement destructive, elles agissent comme des microbes qui activent la dissolution des corps débilités ou des cadavres. Quand l’édifice d’une civilisation est vermoulu, les foules en amènent l’écroulement. C’est alors qu’apparaît leur rôle. Pour un instant, la force aveugle du nombre devient la seule philosophie de l’histoire. »

Human nature in politics, Graham Wallas, 1981

« This work has been selected by scholars as being culturally important, and is part of the knowledge base of civilization as we know it. This work was reproduced from the original artifact, and remains as true to the original work as possible. Therefore, you will see the original copyright references, library stamps (as most of these works have been housed in our most important libraries around the world), and other notations in the work.This work is in the public domain in the United States of America, and possibly other nations. Within the United States, you may freely copy and distribute this work, as no entity (individual or corporate) has a copyright on the body of the work.As a reproduction of a historical artifact, this work may contain missing or blurred pages, poor pictures, errant marks, etc. Scholars believe, and we concur, that this work is important enough to be preserved, reproduced, and made generally available to the public. We appreciate your support of the preservation process, and thank you for being an important part of keeping this knowledge alive and relevant. »

Consciences sous influence – Publicité et genèse de la société de consommation, Stuart Ewen

« En 1983, Stuart Ewen publiait en France « Consciences sous influence – Publicité et genèse de la société de consommation ». Ce livre culte, devenu une référence incontournable de la critique sociologique d’inspiration situationniste, est aujourd’hui republié sous le titre « La société de l’indécence ». Stuart Ewen y retrace l’origine de ce que Guy Debord nomma le Spectacle, premier allié du productivisme industriel dans la guerre culturelle menée pour l’expansion du modèle de société américain, et dont l’iconographie fondée sur l’exhibition de corps jeunes, féminins et plutôt dévêtus a entièrement colonisé les médias et les imaginaires, élaborant au fil du temps une véritable société de l’indécence. La « décence commune », notion bien connue de George Orwell et Jean-Claude Michéa, est la première cible dans ce travail d’influence des consciences étalé sur plusieurs décennies. Car une telle régression n’a rien de naturel. Dans son ouvrage, Stuart Ewen démontre que ce nouvel ordre « libéral libertaire » mondial, loin d’être l’aboutissement d’une évolution spontanée, a bien été implanté de manière concertée selon des méthodes scientifiques de planification et d’ingénierie sociale. Les dévoiler pour s’en affranchir, tel est le défi auquel ce livre nous invite. »

Penser et panser la démocratie, sous la direction de Patrick Troude-Chastenet

« La crise que traversent actuellement les démocraties libérales ne saurait se réduire à la nature d’un modèle par nature inachevé parce que promis à un perpétuel dépassement. Cette fois la démocratie est sérieusement blessée. Cet ouvrage invite à penser le malaise démocratique. »

L’IA va-t-elle aussi tuer la démocratie ? Laurent Alexandre, Jean-François Copé

« Deux textes, deux mises en gardes urgents : l’IA va-t-elle dynamiter la politique ? Pour Laurent Alexandre les effets de l’irrésistible progression de l’IA vont tout bouleverser. À l’origine on pensait qu’Internet deviendrait le principal outil de la promotion de la démocratie, au contraire le web est devenu un outil majeur de désinformation et de contrôle policier, allié des régimes les plus autoritaires. Le pouvoir est désormais tout entier dans une poignée de mains : Washington et ses GAFA, le parti communiste chinois et ses BATX. Le capitalisme cognitif – c’est-à-dire l’économie de la connaissance, de l’IA et du big data va modifier radicalement la hiérarchie des nations. L’Europe est en péril, la France ne réagit pas, le politique est coupable  !
Jean François Copé, dans un second texte, répond aux inquiétudes et anathèmes de Laurent Alexandre. La politique doit devenir plus importante que jamais pour réguler notre pouvoir démiurgique sur la nature et nous-même et donc décider de l’avenir de l’Humanité. Des initiatives précises sont à prendre à tous les niveaux  : manipulations génétiques, sélection embryonnaire, IA, la fusion neurone – transistor… Il faut sauver la politique pour sauver l’homme. »

Propagande, la manipulation de masse dans le monde contemporain, David Colon, Belin 2018

« « Fake news », « infox », « post-vérité » : le monde contemporain ne cesse d’être confronté aux enjeux de l’information de masse. On croyait la propagande disparue avec les régimes totalitaires du XXe siècle mais, à l’ère de la révolution numérique et des réseaux sociaux, elle est plus présente et plus efficace que jamais. Chaque jour apporte ainsi son lot de désinformation, de manipulation, de rumeurs et de théories du complot. Loin de se résumer à la sphère politique et à la « fabrique du consentement », la propagande imprègne aujourd’hui tous les aspects de notre vie en société, les spécialistes du marketing, du storytelling ou les théoriciens du nudge s’efforçant d’influencer nos choix et comportements. Embrassant plus d’un siècle d’histoire et couvrant un vaste espace géographique, David Colon explique les fondements et les techniques de la persuasion de masse dans le monde contemporain. Il montre que la propagande n’a cessé de se perfectionner à mesure que les sciences sociales et les neurosciences permettaient d’améliorer l’efficacité des techniques de persuasion, d’influence ou de manipulation.

Cet ouvrage percutant présente les acquis les plus récents de la recherche et permet de mieux cerner les ravages de la désinformation, hier comme aujourd’hui. A travers une synthèse accessible et percutante, David Colon livre une contribution essentielle pour mieux cerner les ravages causés par la désinformation, hier comme aujourd’hui. »

Propagande, medias et démocratie, Noam Chomsky

« « La propagande à la société démocratique ce que la matraque est à l’État totalitaire ». Dans ce recueil de textes percutants – qui ont fait sa réputation comme analyste des médias – Noam Chomsky explique comment et pourquoi la démocratie libérale ne favorise pas l’existence de médias de masse libres et indépendants et, par extension, la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques. Remontant à la naissance de l’industrie des relations publiques ou analysant la couverture médiatique de l’actuelle « guerre contre la terreur », le célèbre linguiste du MIT démonte encore et toujours les mécanismes de cette « fabrication du consentement » au service du monde des affaires. Pour sa part, Robert W. McChesney nous fait comprendre en quoi les « géants des médias », résultant de la concentration de la propriété des moyens de communication, constituent aujourd’hui une grave menace pour la démocratie.
Car, au-delà de la désinformation, l’enjeu soulevé dans ce livre est : dans quel type de société voulons-nous vivre ? Une démocratie véritable ou un totalitarisme déguisé ? Propagande, médias et démocratie est un classique du genre, qui a déjà rejoint plus de 20 000 lecteurs francophones. »